À chaque période de vacances, c’est la même rengaine.
Est-ce que j’organise un stage ou non ?
Très souvent je traine des pieds à l’organiser et cela me coûte des inscriptions.
C’est toujours une source de stress avant de commencer, par peur d’oublier quelque chose où d’une annulation de dernière minute (surtout ces derniers temps…).
Il y a toujours cette crainte que la mayonnaise ne prenne pas et que des enfants soient déçus.
Il y a toujours cette notion d’égo qui est en jeu… Et si mes séances ne leur plaisaient pas.
Et puis la magie opère, je récupère les dossiers, discute un peu avec les parents et je lance ce fameux stage qui une semaine avant m’inquiétait tant.🚦
Les enfants (et même parfois les adultes) ne disent pas un mot jusqu’au vestiaire, commencent par se jauger sur le terrain et finissent par blaguer ensemble, se chambrer sur les jeux de fin.
C’est gagné ! J’aime leur répéter ce slogan ainsi qu’à leurs parents… au CRGB nous ne sommes pas les meilleurs, ni les plus beaux (quoi que 😋), nous ne vendons pas de rêves, mais nous nous efforçons d’être les plus sympas possible.
Et quand je vois encore ce midi, un jeune qui même s’il n’était là que pour une journée trainait à partir, car il prenait du plaisir à échanger avec d’autres gardiens et avec nous. Je me suis dit que nous étions dans le vrai.
Ce poste est si ingrat, si difficile que nos gardiens ont besoin de ces moments entre eux pour se retrouver et évoluer dans une ambiance différente.
Bien sûr, il y a les spécifiques toute l’année, mais ils sont plus courts, plus rythmés et laissent moins le temps à ces échanges.
Pour pousser encore la réflexion, les gardiens sont dans les meilleures conditions pour évoluer et progresser, car il n’y a aucun enjeu en termes de concurrence, en effet, ils ne jouent pas dans les mêmes équipes et nous n’avons pas notre mot à dire dans leur club.
Bien évidemment, ils vont pouvoir se jauger par rapport à d’autres gardiens évoluant dans leur catégorie, mais cela sera plus sain et plus facile à gérer, car mis à part une question d’égo, il n’y pas d’enjeu.
D’ailleurs, c’est toujours sympa d’avoir des nouvelles des uns et des autres au fil des matchs ou par des parents qui se croisent au bord des terrains. Un des points positifs aussi au niveau des réseaux sociaux, ils se suivent tous.
Je prends aussi un malin plaisir à échanger mes gardiens avec mes « collègues » lorsque je fais les groupes. Je veux que mes gardiens puissent découvrir une autre manière d’entrainer, car pour certains nous en sommes à plusieurs années de séances en commun.
Et puis… ce que j’ai toujours apprécié lors des stages, les échanges avec les autres éducateurs. Quel plaisir de voir d’autres manières de faire (parce que je jette toujours un coup d’œil sur le groupe à côté), d’autres manières de conseiller (j’ai toujours une oreille qui traine).
J’apprends toujours lors des stages.
Quel que soit le niveau, quelle que soit l’expérience de l’éducateur ou des éducateurs avec qui je vais travailler, je sais lorsque je pars sur un stage que je vais apprendre.
Ne serait-ce que les questions entre nous : Pourquoi tu fais comme ceci ou comme cela ? Oblige le destinataire à argumenter et des exercices que l’on fait machinalement reprennent du sens.
Lorsque j’ai créé le CRGB, l’idée première était là : échanger, créer un groupe d’éducateurs de gardien de but et mutualiser nos savoirs, nos compétences. Dans un milieu où nous avons l’habitude d’être souvent seuls dans une équipe d’éducateurs de club cette « confrérie » me semblait nécessaire.
Et puis, je me rends compte que d’une région à l’autre nous ne travaillons vraiment pas pareil et il y a toujours du bon à prendre chez tous.
Je comprends ceux qui décident de créer leur académie ou leur stage seuls, car c’est tellement plus simple et rapide, mais sans le savoir ils ratent ces temps d’échanges, de partages entre passionnés de ce poste.
Comme le dit le proverbe, Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.